« Loué soyez-Vous, mon Seigneur »

Le pape Léo XIII condamne en 1899 l’idée selon laquelle les vertues “passives” et les voeux religieux sont dépassés

Dans sa lettre contre “l’américanisme”, le pape Léon XIII condamnait l’idée selon laquelle les vertus dites “passives” (comme l’humilité, la mortification et la patience) ainsi que les vœux religieux appartiendraient au passé.

Pape Léon XIII, Testem Benevolentiae Nostrae, 1899 :

“A cette opinion sur les vertus naturelles on peut en joindre une autre qui lui est connexe, et qui partage en deux classes toutes les vertus chrétiennes, qu’ils appellent les unes passives, les autres actives ; ajoutant que les premières convenaient mieux aux siècles passés, tandis que les secondes sont mieux adaptées au temps présent. Ce qu’il faut penser de cette division des vertus, c’est chose évidente, car il n’y a pas et il ne peut y avoir de vertu véritablement passive…

Quant à prétendre qu’il y ait des vertus chrétiennes plus appropriées que d’autres à certaines époques de l’histoire, il faudrait pour le soutenir avoir oublié les paroles de l’Apôtre : Ceux qu’il a prévus, il les a prédestinés à devenir conformes à l’image de son Fils (Hébr. xiii, 8).

Ce mépris des vertus évangéliques, appelées à tort passives, devait avoir une conséquence naturelle : à savoir que le dédain de la vie religieuse se répandît peu à peu dans les âmes. Que cela soit commun parmi les fauteurs des nouvelles opinions, Nous pouvons le déduire de certaines doctrines qu’ils ont exprimées touchant les vœux émis par les ordres religieux. Ils disent, en effet, que ces vœux sont tout à fait contraires au caractère de notre temps, parce qu’ils restreignent les limites de la liberté humaine, qu’ils conviennent plutôt aux âmes faibles qu’aux âmes fortes, et qu’ils ne sont pas du tout favorables à la perfection chrétienne et au bien de la société humaine, mais plutôt qu’ils sont un obstacle et une entrave à l’une et à l’autre…

… ceux qui, appelés de Dieu, embrassent spontanément ce genre de vie et qui, non contents des devoirs communs que leur imposent les préceptes, s’engagent à la pratique des conseils, ceux-là se montrent les soldats d’élite de l’armée du Christ.”

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