« Loué soyez-Vous, mon Seigneur »

B. Égide d’Assise : Du mépris du monde

Source: Google Books (transcription)

« Malheur à l’homme qui place son cœur, son désir et ses forces dans les choses de ce monde ! Pour elles il abandonne et perd les biens du ciel. L’aigle, dont le vol est si élevé, ne parviendrait jamais à pareille hauteur, si une poutre était suspendue à ses ailes. Je trouve bien des hommes qui travaillent pour leur corps, fort peu qui en fassent autant pour leur âme. Pour leur corps, beaucoup se donnent une peine incroyable ; ils broient des rochers, creusent des montagnes, et ne reculent pas devant d’autres travaux pénibles ; mais pour son âme, qui travaille avec autant de courage, avec autant d’ardeur ?

« L’avare est semblable à la taupe, qui ne connaît d’autre trésor ni d’autre bien que de fouiller la terre et d’avoir en elle sa demeure. Cependant combien d’autres trésors lui sont inconnus !

Les oiseaux du ciel, les bêtes de la terre, les poissons de la mer sont contents quand ils ont la nourriture suffisante. Comme l’homme ne trouve pas son contentement dans les choses de la terre, comme il soupire toujours vers quelque chose de nouveau, s’ensuit qu’il n’a pas été fait pour ces choses, mais pour d’autres. Le corps a été formé pour l’âme, et le monde présent pour l’autre monde. Ce monde est comme un champ composé de deux parties, l’une plus considérable, l’autre moindre.

« Les fourmis, disait Égidius, ne plaisaient pas beaucoup à saint François, à cause de leur trop grande sollicitude à amasser les choses nécessaires à la vie ; il aimait mieux les oiseaux du ciel, qui ne recueillent rien dans des greniers. »

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