« Loué soyez-Vous, mon Seigneur »

B. Égide d’Assise : Des vertus

Source: Google Books (transcription)

L’homme devient riche par les choses divines, il devient pauvre par les choses humaines ; il doit donc aimer beaucoup les premières et haïr beaucoup les secondes.

De même que toutes les voies de la terre sont pleines de vices et de péchés, de même toutes les voies du ciel sont pleines de joies et de vertus.

Les grâces et les vertus sont parées pour les créatures, elles les appellent et leur crient : « Venez, recevez-nous, et nous vous enseignerons la voie du salut. » Et l’homme infortuné ne veut point faire un pas ! A qui la faute s’il passe ses jours dans la misère et la pauvreté, quand il est appelé près du Seigneur, et qu’il refuse la moindre fatigue pour s’y rendre ? Il est donc digne des peines éternelles.

Les vertus et les grâces sont autant de voies et d’échelles pour arriver au royaume des cieux ; les vices et les péchés autant de voies et d’échelles pour descendre dans les profondeurs de l’enfer. Cependant il y a danger à demander au Seigneur des grâces et des vertus, parce que si votre vie ne répond pas à ces grâces et à ces vertus, vous deviendrez davantage ennemi de Dieu. Plus vous demandez, plus vous vous exposez à devenir ennemi de Dieu à cause de votre ingratitude.

Plus un maître donne de grands biens à son serviteur, plus celui-ci est ingrat s’il ne les conserve et ne lui en témoigne sa reconnaissance.

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