Résumé
Toutes les prescriptions ci-dessous sont bien sûr à considérer au regard de la situation actuelle d’apostasie généralisée et de vacance du Siège apostolique.
Aucune des prescriptions propres aux Constitutions n’oblige sous peine de péché.
Chapitre 1
- Garder l’Évangile toujours à l’esprit et au cœur, à l’exemple de sainte Cécile (1)
- Faire chaque jour la lecture du saint Évangile au début du dîner dans toutes les maisons — sauf le vendredi, où elle est remplacée le soir par la lecture d’un autre livre de l’Écriture Sainte (1)
- Lire la Règle de saint François chaque vendredi, distinctement, avec respect et dévotion, ainsi que le Testament du saint fondateur (2)
- Observer la Règle simplement, à la lettre et sans glose, comme les premiers Pères, en renonçant à tout privilège ou interprétation qui l’assouplirait (3)
- N’accepter comme interprétations authentiques que celles des papes (notamment Nicolas III et Clément V) et la doctrine/vie de saint François — sans pour autant rejeter les commentaires des auteurs approuvés (3)
- Observer le Testament de saint François, reçu comme glose et première explication de la Règle (4)
- Imiter saint François dans ses paroles et ses œuvres, pas seulement dans la Règle et le Testament (5)
- Lire souvent les écrits et la vie de saint François, celle de ses compagnons, ainsi que d’autres livres de l’Ordre (Chroniques, Livre des Conformités) pour bien connaître son esprit (5)
- Être soumis en toute humilité au Pape, reconnu comme Supérieur suprême en vertu du vœu d’obéissance (6)
- Porter un grand respect à tous les prélats et prêtres, et à tous ceux qui enseignent la voie de Dieu (6)
- Chercher la dernière place et s’estimer inférieurs à tous les hommes, par imitation de l’humilité du Christ (6)
Chapitre 2
Conditions d’admission au noviciat
- N’être suspect en rien dans la foi, croire fermement ce qu’enseigne l’Église romaine (7)
- Jouir d’une bonne réputation (7)
- Avoir une volonté ardente et venir uniquement pour servir Dieu (7)
- Être sain d’esprit et de corps, sans maladie grave ou contagieuse (7)
- Avoir les études requises (secondaires pour les clercs, doctrine chrétienne et aptitude au travail manuel pour les frères laïcs) (7)
- Ne pas dépasser trente-cinq ans (sauf exception édifiante) (7)
Avant et pendant le postulat/noviciat
- Se disposer à renoncer à tous ses biens (imitation du jeune homme riche de l’Évangile) (9)
- Faire un temps d’exercice aux pratiques régulières avant la vêture (clercs), ou un postulat de six mois (frères laïcs) (10)
- Faire des exercices spirituels d’au moins huit jours et une confession générale avant le noviciat (10)
- Régler ses biens temporels avant la profession simple (en céder l’usage, en garder la propriété) (11)
- Accomplir une année complète et continue de noviciat (15)
- Ne pas communiquer avec les profès (ni eux avec les novices) sans permission (19)
- Ne pas être occupé, pendant le noviciat, à la prédication, aux confessions, aux tâches extérieures ni aux études proprement dites (20)
- Se soumettre au jugement du Chapitre local par vote secret à trois reprises (4e, 8e, 10e mois) (22)
Vêtement et apparence
- Porter un habit du drap le plus vil et austère possible, avec capuce carré et corde en guise de ceinture (34)
- Respecter les dimensions et la sobriété prescrites de l’habit, du manteau et des tuniques (35-36)
- Ne pas porter d’autres vêtements (lin, etc.) sans nécessité et autorisation (37)
- Porter le chapelet à la corde; sandales simples autorisées; pas de bonnet ni chapeau (sauf calotte modeste pour prêtres) (39)
- Porter la barbe, sans soin affecté (40)
Vie quotidienne et austérité
- Coucher habillé sur une paillasse recouverte d’un drap grossier (paillasse nue ou planches possibles avec permission, pour plus d’austérité) (41)
- Dire la coulpe chaque jour et faire la discipline chaque vendredi (avant profession solennelle); après, coulpe le lundi, mercredi, vendredi (31)
Stabilité et interdits
- Ne jamais quitter l’Ordre après la profession (sous peine d’excommunication en cas d’apostasie) (42)
- Ne pas quitter sa résidence sans obédience du Supérieur, même pour aller trouver son Supérieur provincial (45)
- Éviter « l’apostasie du cœur » : ne pas se laisser gagner par l’orgueil et l’esprit du monde (46)
- Se conformer aux règles particulières en cas de changement de Province, d’exclaustration ou de sécularisation (perte de préséance, inhabilité aux charges, etc., sauf dispense) (47-48)
Chapitre 3
Office divin et liturgie
- Suivre le missel, bréviaire et calendrier selon les rites de l’Église Romaine (49)
- Observer strictement le cérémonial propre à l’Ordre (50)
- Clercs et prêtres : assiduité au chœur dès le premier son de cloche, avec dévotion et silence intérieur (51)
- Réciter l’office avec piété, à voix « médiocre et uniforme » ; Matines et Laudes à minuit (52)
- Frères laïcs : assister au début de Vêpres/Complies/Matines et réciter les Pater prescrits ; assister aux Vêpres entières les jours de fête ; réciter les cinq Offices des morts annuels (53)
Messe et sacrements
- Prêtres : célébrer avec pureté d’intention, sans rechercher gloire ou avantage temporel, avec grande préparation (54)
- Assister quotidiennement à la Messe conventuelle ; assister aux Messes les jours de fête (55)
- Recevoir fréquemment (voire quotidiennement) la communion, selon le jugement du confesseur (56)
- Visiter fréquemment le Saint Sacrement conservé dans les églises (57)
Dévotions particulières
- Faire le Chemin de la Croix, surtout en Carême (58)
- Renouveler la consécration au Sacré-Cœur chaque premier vendredi du mois et le jour de l’Épiphanie (58)
- Dévotion à l’Immaculée Conception ; messe votive le samedi ; récitation du Rosaire et du petit Office de la Vierge (58)
- Consacrer chaque jour deux heures à l’oraison mentale (matin et soir), précédées des Litanies des Saints et de la Vierge (59-60)
- Participer aux exercices spirituels annuels (61)
Prières pour l’Église et les défunts
- Prier pour le Pape, les cardinaux, évêques, princes chrétiens, supérieurs et bienfaiteurs (62)
- Suffrages précis (Messes, Offices des morts, Pater noster, communions) selon le rang du défunt : Ministre général, Définiteurs, autres religieux, Souverain Pontife, Cardinal Protecteur (63-64)
- Ensevelissement décent, si possible dans une chapelle du couvent (65)
Silence
- Observer le silence évangélique en général (66)
- Silence absolu à l’église, au chœur, à la sacristie, au dortoir et pendant certaines heures ; pénitence (5 Pater/Ave bras en croix) en cas d’infraction (67)
Pénitence corporelle et jeûne
- Discipline (flagellation) tous les lundis, mercredis, vendredis, quotidienne en Semaine Sainte, avec prières précises (68)
- Observer les Carêmes propres à l’Ordre (dont celui de la Bénédette) ; abstinence de viande mercredi et samedi ; jeûne la veille de saint François et de l’Immaculée Conception (69)
- Sobriété à table : nourriture suffisante mais simple, pas de nappes (70)
- Modération du vin, rien de particulier servi sauf aux malades/voyageurs/vieillards (71)
- Lecture spirituelle pendant les repas (72)
Vie communautaire et rapports au monde
- Ne pas admettre de séculiers au réfectoire sauf nécessité (73)
- Ne jamais manger sans permission du Supérieur (74)
- Ne pas assister aux fêtes mondaines sauf pour raison spirituelle (75)
- Demander des lettres d’obédience pour tout voyage, avec sceau du Supérieur (76-77)
- Voyager toujours accompagné, en pratiquant la correction fraternelle (78)
- Demander à genoux la bénédiction du Supérieur avant/après toute sortie ; éviter sorties inutiles, surtout pour les quêteurs (79)
- Utiliser la salutation évangélique « Le Seigneur vous donne sa paix » (80)
- Voyager sans provisions, en confiance en la Providence (81)
- Ne pas s’arrêter manger/coucher en ville sans nécessité ; se présenter d’abord au Supérieur à l’arrivée (82)
- Assurer l’hospitalité envers les étrangers (lavement des pieds, etc.) (83)
- Interdiction de monter à cheval (sauf nécessité) ; voyager à pied ; train autorisé avec permission et classe modeste (84)
Chapitre 4
Ne jamais recevoir d’argent ni de deniers, ni directement ni par personne interposée, conformément à la Règle de saint François, réitérée trois fois. (85)
Interdiction spécifique d’avoir des procureurs (ou toute autre personne, sous quelque dénomination que ce soit) qui tiennent ou reçoivent de l’argent pour les Frères ou en leur nom. (85)
Considérer l’argent comme quelque chose à fuir, à l’exemple de saint François qui comparait cela à un serpent venimeux. (86)
Ne pas solliciter ni accepter de legs, héritages ou aumônes superflues, notamment auprès des malades qu’ils visitent — il leur est interdit de les engager, directement ou indirectement, à leur laisser des biens temporels. (86)
Refuser, autant que possible, les dons et legs que les malades visités voudraient leur donner de plein gré — le texte insiste particulièrement sur ce cas, dans la continuité de l’interdiction de solliciter des malades directement ou indirectement (point précédent). (86)
Ne pas avoir l’usage ni l’administration civile de l’argent, sauf dispense légitime ; un frère qui s’en procurerait de sa propre autorité, en disposerait ou en garderait en dépôt se rendrait coupable de “propriété” (violation grave du vœu de pauvreté). (87)
Pour les Supérieurs : s’ils doivent recourir à des indults du Saint-Siège en matière économique, ils doivent suivre strictement le Code de Droit Canonique (administration des biens, dettes, obligations) et recevoir les honoraires de messes avec prudence selon les règles de l’Église. (87)
Limiter le recours aux “amis spirituels” (bienfaiteurs) aux seules choses nécessaires qu’on ne peut se procurer autrement, et seulement avec la permission des Supérieurs (sauf urgence pressante). (88)
S’habituer à la privation des choses du monde, à l’exemple du Christ, et se méfier des fausses dévotions qui procurent des commodités. (89)
Ne pas être de “faux pauvres” (qui veulent être pauvres à condition de ne manquer de rien) : user des choses du monde avec la plus grande modération, à regret, par nécessité seulement, et pour la gloire de Dieu. (89)
Sanctions prévues : un Supérieur local qui contreviendrait à l’interdiction de recevoir des legs serait privé de son office ; un Supérieur provincial serait sévèrement puni par le Ministre général. (86)
Chapitre 5
Fin dernière et moyens
- Tendre vers Dieu seul comme fin dernière, en dirigeant vers lui toutes leurs pensées, intentions et désirs (90).
- L’aimer d’un amour efficace, pur, constant et généreux, de tout leur esprit, cœur, âme et forces (90).
- Rejeter les choses inutiles ou dangereuses qui détournent de la voie du salut (91).
- Ne choisir que ce qui est utile et nécessaire pour aller à Dieu : très haute pauvreté, chasteté inviolable, obéissance humble et prompte, et les autres vertus évangéliques (91).
Travail
- Fuir l’oisiveté. (92)
- S’adonner à des travaux honnêtes et convenables à leur état, sous la dépendance des supérieurs, dès qu’ils ne sont pas occupés aux exercices de piété. (92)
- Selon l’état de chacun :
- les prêtres s’occupent du ministère sacré ; (92)
- les clercs, de leurs études ; (92)
- les laïcs, des offices et travaux manuels, du soin des malades et de la quête. (92)
Esprit de prière pendant le travail
- Garder l’esprit et le cœur nourris de saintes pensées pendant le travail manuel (93).
- Pendant le travail, soit parler de Dieu avec modestie et à voix basse, soit écouter avec humilité la lecture d’un livre de piété, soit garder le silence (93).
- Ne pas mettre leur fin dans le travail, ni s’y attacher, ni s’y appliquer au point d’amoindrir l’esprit de dévotion (94).
- Garder le regard de l’âme fixé sur Dieu pour aller à lui par la voie la plus parfaite et la plus courte (94).
- Ne pas laisser le travail devenir une cause de distraction ou de relâchement (94).
Limites quant aux activités extérieures
- Ne pas travailler pour les séculiers, sauf si l’obéissance l’impose. (95)
- Ne pas se mêler des affaires des gens du siècle, ni de ce qui est étranger à l’Ordre ou peu conforme à l’état religieux. (95)
- Ne pas exercer la pharmacie ni la médecine hors de l’Ordre. (95)
- Les contrevenants doivent être sévèrement punis par le Supérieur provincial. (95)
Bon usage du temps
- Ne jamais rester inactifs. (96)
- Ne pas perdre le temps en choses de peu ou de nulle utilité, ni en conversations vaines et oiseuses. (96)
- Employer le temps à de saintes, louables et utiles occupations, du corps ou de l’esprit, qui glorifient Dieu et édifient les confrères comme les séculiers. (96)
Chapitre 6
Pauvreté de principe
- N’avoir aucun droit de propriété, de possession, d’usufruit ou d’usage juridique sur quoi que ce soit, ni en particulier ni en commun, pas même sur les maisons habitées (le Saint-Siège gardant ses droits). (97)
- Se limiter à l’usage de fait des choses nécessaires à la vie et aux devoirs d’état, un usage étroit et modéré. (97)
Fonder ou quitter une maison
- Pour fonder une maison, obtenir le consentement du Chapitre ou du Définitoire provincial, demander la permission de l’évêque du lieu, avoir l’agrément du Ministre général et de son Définitoire et le rescrit du Saint-Siège. Ensuite, s’entendre avec les bienfaiteurs et les autorités locales. (98)
- Ne pas abandonner une maison sans raison extrêmement grave, et sans les mêmes autorisations (Chapitre ou Définitoire provincial, Ministre général, Saint-Siège). (99)
- Bâtir les maisons ni trop loin des villes, ni si près que des visites trop fréquentes nuisent à la régularité. (100)
Maisons et églises
- Vivre dans des maisons modestes et pauvres, en rappelant la défense du Testament de saint François d’accepter des églises ou demeures non conformes à la pauvreté. Ne pas en faire construire de somptueuses et ne pas le permettre. (101)
- Garder une grande différence entre les palais des riches et les petites habitations des pauvres, des mendiants, des pèlerins et des pénitents. (101)
- Églises simples mais décentes, très propres et qui portent à la piété. Ne pas les vouloir grandes sous prétexte de mieux prêcher. (102)
- Une seule cloche, petite, d’environ 70 kg. (102)
Sacristies, ornements et culte
- Sacristies petites mais commodes et suffisamment pourvues de vases et ornements sacrés. Tout doit être propre, corporaux et purificatoires toujours très blancs. (103)
- Ni or ni argent pour les ornements, sauf pour les tabernacles, calices, ciboires, ostensoirs et vases des saintes huiles. (104)
- Chandeliers en bois simplement tourné. Missels, bréviaires et autres livres reliés pauvrement, sans ornements recherchés. (104)
- Rien de précieux, de recherché ou de superflu dans le culte. Les supérieurs provinciaux, en visite, doivent punir ceux qui en auraient reçu et le faire retirer. (105)
Construction des couvents
- Construire simplement mais solidement. Dimensions indiquées : cellules d’environ 30 m³, portes d’environ 1,90 m × 0,80 m, fenêtres de 0,90 m × 0,60 m, corridors du dortoir de 1,80 m, réfectoire d’au plus 3,80 m de haut en général. (106)
- Tous les autres locaux seront petits, humbles et pauvres. Si les lois civiles l’empêchent, garder au moins la simplicité à l’intérieur, et ne rien faire sans l’approbation du Ministre général. (106)
- Dans chaque province, deux frères compétents sont nommés pour choisir les emplacements et dresser les plans, qui doivent être signés et suivis. En cas de désaccord, ils tranchent à la majorité par vote secret. (107)
- Les frères chargés des constructions doivent faire respecter la forme prescrite (leur conscience répond des agrandissements injustifiés) et se régler sur les habitations des pauvres, non sur les palais. (108)
- Tous les frères aident aux travaux si on le leur demande, mais ne s’ingèrent pas dans les dépenses. Ils avertissent charitablement en cas de désordre ou de dépense superflue. (108)
Malades et hospitalité
- Réserver dans chaque maison une partie pour les malades (ou au moins une chambre salubre et un oratoire). Les provinciaux sont exhortés à établir une infirmerie commune dans un ou deux couvents. (109)
- Destiner dans chaque maison une petite chambre à feu pour accueillir avec charité les pèlerins et étrangers, surtout les religieux. (110)
Modifications des bâtiments
- Le supérieur local ne bâtit ni ne détruit rien sans l’autorisation du provincial, qui ne l’accorde que pour une vraie nécessité (avec le consentement de son Définitoire et des Fabriciens pour les choses importantes). (111)
- Pas d’agrandissement des maisons sans raison très grave et sans permission écrite du Définitoire général. (111)
- Ne pas couper les vignes, arbres fruitiers ou d’ornement de l’enclos sans l’avis des Discrets et la permission du provincial (pénitence pour qui contrevient). (112)
Vie fraternelle et vie commune
- Au moins douze frères en général dans un couvent terminé, unis « en un seul cœur et une seule âme », s’aimant, se supportant et s’édifiant mutuellement, et combattant leurs inclinations déréglées. (113)
- Observer la vie commune intégralement, supérieurs comme sujets : tous les biens, honoraires et dons sont remis aux supérieurs pour la communauté, qui fournit à tous la même nourriture, le même vêtement et le nécessaire. (114)
- Les supérieurs ne refusent pas le nécessaire, les sujets n’exigent pas le superflu. (114)
- Les provinciaux qui ne font pas observer la vie commune perdent le droit de recevoir validement les novices à la vêture et à la profession. (114)
Dons, clefs et propriété
- Ne rien donner aux séculiers sans la permission du supérieur local, et seulement des objets minimes. Pour une chose de quelque importance, la permission du provincial est requise. (115)
- Pas de clefs pour les cellules, coffres et meubles, sauf pour les supérieurs, les officiers chargés de distribuer et ceux qui en ont reçu la permission. (116)
- Le frère coupable de propriété est privé de voix active et passive pendant un an ou plus, et de tout office, ou sévèrement puni autrement par le provincial. (117)
- Le frère notoirement coupable de propriété qui meurt impénitent est privé de sépulture ecclésiastique. (117)
- Sont aussi punis ceux qui refusent la vie commune parfaite et prétendent avoir un droit sur les honoraires de messes, de prédications ou de travaux, ou sur des dons personnels, ainsi que ceux qui déposent des livres ou objets hors des maisons sans permission. (117)
Confiance en la Providence et quête
- S’abandonner à la Providence et ne faire aucune provision au-delà de quelques jours, même du nécessaire, quand on peut l’obtenir par la quête quotidienne. (118)
- Exception : ce qu’on ne peut se procurer que rarement ou avec de l’argent peut être stocké en plus grande quantité. (118)
- Les limites des quêtes et des territoires des provinces et des couvents sont fixées par les Définitoires général et provincial. (119)
- Ne confier la quête qu’à des profès d’âge mûr et d’expérience, jamais à ceux qui sont aux études. (119)
- Refuser le superflu offert par les bienfaiteurs avec d’humbles remerciements, ou ne l’accepter que pour le redistribuer à d’autres maisons ou aux pauvres selon les indications du provincial. (120)
- Ne pas abandonner la pauvreté au milieu de l’abondance des aumônes. (120)
Soin des malades
- Dès qu’un frère tombe malade, le supérieur local lui assigne un frère charitable et capable pour l’assister. Un infirmier négligent est averti, puis puni. (121)
- Le provincial corrige sévèrement le supérieur local qui néglige ses malades. Si le malade a besoin de changer d’air ou de lieu, on y pourvoit au plus tôt. (121)
- Les malades confient le soin de leur santé au médecin et à l’infirmier. (122)
- Le supérieur avertit le malade dès que la maladie devient dangereuse, pour qu’il puisse se préparer à recevoir les sacrements. (122)
- Chaque frère traite son frère malade comme il voudrait être traité lui-même, avec la tendresse d’une mère pour son fils unique. (122)
Chapitre 7
Le ministère auprès des fidèles
- Dépenser leurs sueurs et leur travail dans la vigne du Seigneur, à l’exemple de saint François, pour leur sanctification et celle du prochain (123).
- Les prêtres approuvés par les Supérieurs provinciaux et par les Ordinaires des lieux peuvent confesser les séculiers, dans les autres églises comme dans les églises capucines, là où le bien spirituel des peuples l’exige et où l’obéissance le demande (123).
Les dispositions des confesseurs
- Se souvenir qu’ils sont à la fois juge et médecin, ministres de la justice et de la miséricorde de Dieu (124).
- Faire resplendir en eux toutes les vertus, en particulier (124) :
- un grand amour de Dieu et un zèle ardent pour les âmes ;
- une charité paternelle, sans rigueur, impatience ni ennui ;
- la force et la fermeté, car la miséricorde ne doit pas s’exercer au détriment de la justice ;
- une modestie exemplaire et une chasteté angélique ;
- une prudence consommée dans le choix des moyens pour détourner du mal et conduire à Dieu.
Les Supérieurs
- Les Supérieurs locaux veillent attentivement sur leurs confesseurs. S’ils constatent une conduite peu conforme à la dignité du prêtre, ils avertissent paternellement. En l’absence d’amendement, ils informent le Supérieur provincial, qui corrige et punit selon la gravité du cas (125).
- Les Supérieurs provinciaux se renseignent bien sur les qualités de ceux qu’ils désignent pour confesser les femmes (125).
- On ne confie pas ce ministère à des religieux trop jeunes. On ne le confie pas non plus aux plus âgés dont la conduite laisse un doute sur leur aptitude (125).
- Le Supérieur provincial délègue dans chaque maison plusieurs confesseurs, en proportion du nombre de religieux, avec le pouvoir d’absoudre même les cas réservés dans l’Ordre. Ils doivent être éclairés, sages et pleins de charité (126).
La confession des frères entre eux
- Les prêtres approuvés dans leur Province peuvent, en voyage ou lors d’un séjour dans une maison hors de leur Province, confesser tous les frères et les absoudre des cas réservés (127).
- Les frères se confessent au moins une fois par semaine (128).
- Ils choisissent librement parmi les confesseurs désignés, puis évitent de changer trop facilement (128).
- Ils restent libres, pour la tranquillité de leur conscience, de se confesser à un prêtre extérieur à l’Ordre, approuvé par l’Ordinaire du lieu. Celui-ci peut les absoudre, même des fautes et censures réservées dans l’Ordre (128).
Chapitre 8
Obéissance et structure
- Les frères obéissent à leur Gardien, les Gardiens au provincial, et les provinciaux comme tous les frères au Ministre général, successeur de saint François, selon le précepte de la Règle (129).
- Une région ne devient Province que s’il y a au moins cinquante prêtres ayant terminé leurs études. Sinon, elle est gouvernée par un Commissaire provincial et deux assistants pour un triennat (130).
- Les couvents doivent être au moins des « Maisons formées », sous un Gardien. Là où c’est impossible, on établit des hospices dirigés par un Président (131).
Conduite dans les élections
- Procéder avec droiture et simplicité, religieusement et canoniquement (132).
- Ne pas chercher de voix, ni pour soi ni pour d’autres. Sanction : perte de la voix active et passive, perte des charges actuelles et inhabilité à tout office futur (132).
- Choisir la dernière place plutôt que la première et fuir les dignités. Si l’obéissance les appelle à une charge, ne pas s’obstiner à la refuser (133).
- Voter par bulletins secrets (134).
- Élire celui qu’on juge le meilleur et le plus apte, sans autre considération. Avant tout vote, chaque votant jure d’élire selon Dieu (136).
- Ne pas muter de religieux dans les deux mois qui précèdent le Chapitre provincial, sauf nécessité grave, et ne rien faire qui laisse soupçonner des visées secrètes sur les élections (143).
Conditions pour être supérieur ou éligible
- Pour être éligible aux charges de supérieur majeur, il faut au moins dix ans de profession, une naissance légitime, quarante ans pour le Ministre général et trente ans pour les autres (136).
- On ne doit pas nommer supérieur quelqu’un qui ne se distingue pas par la prudence, la piété, la science et le zèle pour l’observance. Il doit aussi pouvoir suivre la communauté au chœur de jour et de nuit et au réfectoire, sans régime alimentaire particulier (137).
- Pour être éligible, il faut être prêtre, avoir les patentes de prédicateur et avoir prononcé les vœux solennels. Il faut aussi sept ans de profession (138).
- Pour laisser aux jeunes religieux le temps de s’affermir dans leur esprit nouveau, la voix active pour élire le Discret est différée (140) :
- les prêtres, après la profession solennelle et la fin du cours régulier d’études ;
- les prêtres venus d’un autre Ordre déjà profès de vœux solennels ou simples perpétuels, après trois ans depuis leur profession chez les capucins ;
- les clercs et les laïcs, après leurs vœux solennels et dix ans depuis leur première profession.
Durée des charges
- Le Ministre provincial reste en charge trois ans et ne peut pas être réélu immédiatement dans la même Province (148).
- Gardiens et Présidents restent trois ans, avec un second triennat possible ailleurs, ou dans la même maison pour de justes motifs. Après six ans, ils sont libres de charge pendant un an (158).
- Le Ministre général et le Procureur restent six ans et ne sont pas immédiatement rééligibles. Le Ministre général reste libre de toute prélature pendant un an (165).
- Après l’élection des nouveaux provinciaux, tous les offices expirent d’office (160).
Chapitres
- Chapitre provincial tous les trois ans, après Pâques (144).
- Chapitre général tous les six ans, vers la Pentecôte (161).
- Chaque couvent élit un Discret pour accompagner le Gardien au Chapitre provincial (139).
- Le Ministre provincial, puis le Ministre général, renoncent à leur charge devant le Chapitre. Ils déposent les sceaux et disent leur coulpe avant l’élection de leur successeur (147, 162).
- Le Procureur général dit aussi sa coulpe avant l’élection de son successeur (164).
- Tous les frères prient avec ferveur pendant les Chapitres, général ou provincial (180).
Devoirs particuliers
- Aucun religieux ne traite d’affaire à la Cour romaine sans passer par le Procureur général (166).
- Le Ministre général et les Définiteurs généraux résident à Rome (173).
- Les Définiteurs et supérieurs gardent le secret des délibérations sous serment, et les officiers de la Curie généralice prêtent serment avant d’entrer en charge (178, 179).
- Le Procureur général informe le Ministre général des événements notables dans les Provinces (167).
Chapitre 9
Les études
- Établir dans chaque province des maisons d’études (théologie scolastique, Écriture, droit canon) (181).
- N’admettre à la philosophie que ceux qui ont fait de bonnes études secondaires. Chaque province doit avoir un Séminaire séraphique pour la formation des jeunes (humanités, latin, langue du pays) (182).
- Réunir si possible étudiants en philosophie et en théologie dans un même couvent, où la vie commune et l’observance régulière sont parfaitement vécues. Sinon, ils ne peuvent pas être promus aux ordres (183).
- Durée : 3 ans de philosophie, 4 ans de théologie (186).
- Programme : théologie dogmatique, morale, ascétique et mystique, Écriture sainte, histoire de l’Église et de l’Ordre, patrologie, droit canon, explication de la Règle, liturgie, éloquence sacrée, chant ecclésiastique, théologie pastorale avec exercices pratiques (catéchisme, confessions, visite des malades, assistance aux mourants) (186).
- Chaque province établit un règlement des études, approuvé par le Définitoire général. On choisit de préférence des manuels d’auteurs de l’Ordre (187).
- Passer un examen avant chaque cours supérieur, avec vote à scrutin secret. Les examinateurs ont la conscience gravement chargée s’ils approuvent des sujets incapables par complaisance humaine (188).
- Enseigner l’Écriture, la dogmatique, la morale et l’histoire de l’Église par des lecteurs distincts, selon la doctrine de saint Bonaventure et de saint Thomas (191).
- Pas plus de deux mois de vacances d’été (194).
La formation spirituelle des étudiants
- Les clercs sont confiés à un Directeur, qui a les qualités d’un maître des novices et les forme à la vie religieuse (184).
- Rester dans l’humilité et la pauvreté séraphique, et dire une prière d’humilité au début de chaque leçon (185).
- Chercher l’amour du Christ plutôt qu’une science qui enfle, et ne jamais négliger l’oraison à cause de l’étude (189).
- Assister au chœur à Matines, aux autres Heures canoniales et à l’oraison. Observer le règlement des études. Obéir aux Gardiens, Directeurs et professeurs avec respect filial (190).
- Les négligents sont avertis, puis punis, puis renvoyés de l’étude s’ils ne s’amendent pas (190).
- Se préparer avec soin aux ordres, selon les prescriptions de l’Église (195).
Les lecteurs et professeurs
- Les choisir parmi les prédicateurs de vœux solennels, remarquables par leur piété, leur science, leur régularité de vie et leur pureté de conduite (192).
- Ils assistent au chœur au moins à Matines, à Vêpres et à une heure d’oraison si la santé le permet. Ils travaillent à leur propre sanctification et ne prêchent que rarement, et seulement dans leur lieu de résidence (193).
- Faire leurs cours avec exactitude. Les supérieurs les déposent si leur enseignement est erroné, dangereux ou novateur (194).
L’accès à la prédication
- Après les études, les nouveaux prêtres consacrent si possible une année à l’éloquence sacrée sous la direction d’un Père prédicateur (196).
- Être examiné et approuvé par le Ministre général ou, par délégation, par le provincial avec les définiteurs et les lecteurs. Ceux qui ont étudié dans une autre province présentent un certificat d’études et de bonnes mœurs (197).
- Avoir une vie vertueuse et exemplaire, un jugement sûr et une volonté ferme. Les supérieurs choisissent sans favoritisme, en préférant peu de bons prédicateurs à beaucoup de médiocres (198).
La formation continue
- Pendant cinq ans après les études, passer chaque année un examen sur les sciences sacrées, la Règle et celle du Tiers-Ordre (199).
- Tous les frères continuent à étudier les sciences sacrées (199).
- Dans chaque maison, résoudre au moins une fois par mois un cas de morale, de liturgie et de Règle. Une conférence dogmatique peut s’y ajouter. Tous les religieux ayant fini leurs études et les étudiants en théologie y assistent (200).
- Les supérieurs provinciaux signalent au Ministre général les jeunes les plus doués et zélés, pour une formation supérieure, notamment au Collège séraphique international de Rome. Ils ne les envoient pas dans d’autres universités sans permission écrite (201).
La conduite des prédicateurs
- Prêcher d’abord ce que les fidèles doivent croire et pratiquer pour être sauvés. Éviter les sujets profanes ou trop abstraits (204).
- Prêcher avec zèle la pénitence, annoncer en peu de mots vices et vertus, peine et gloire. S’appuyer sur l’autorité du Christ, l’Écriture, la Tradition, les Conciles, les Pères et les Docteurs (204).
- Employer un langage chaste, simple et humble, sans expressions brillantes ou affectées. Ne jamais viser personnellement quelqu’un, surtout des religieux ou des prélats, sous peine de lourdes sanctions (205).
- Enseigner par l’exemple autant que par la parole (205).
- Ne pas prendre eux-mêmes d’engagements avec les curés ou autres personnes. Les prédications sont organisées par les supérieurs locaux (ordinaires) ou provinciaux (plus importantes) (203).
- Prêcher sous l’autorité de l’Ordinaire du lieu et des supérieurs, qui doivent retirer la faculté de prêcher à qui en est dépourvu (202).
Pauvreté et vie commune des prédicateurs
- Quand ils ne sont pas malades ou en mission, assister au chœur, aux Heures et à l’oraison, et mener la vie commune (206).
- Vivre en pauvres et en mendiants pendant la prédication, ne rien demander pour eux ni pour leurs frères. Ne rien recevoir comme salaire (argent, livres, habits, drap), seulement de simples aumônes. Les contrevenants sont punis, puis suspendus de prédication (207).
- Ne recommander des indigents ou des œuvres pies qu’avec la permission de l’Ordinaire ou du curé. Ne pas se mêler de la quête ni de la distribution des aumônes (208).
- Se retirer de temps en temps dans la solitude pour l’oraison et la contemplation, en alternant Marthe et Marie (209).
- Rentrer à la maison dès la fin de la prédication, pour éviter la familiarité avec les séculiers (209).
- Recommander et propager le Tiers-Ordre en toute occasion (210).
Les livres et les publications
- Ne pas emporter beaucoup de livres. Les livres sont mis en commun, avec quelques exceptions pour les besoins de l’office ou des études spéciales (211).
- Chaque maison a une bibliothèque convenable (Écriture, ouvrages spirituels, saints Docteurs, livres anciens et modernes). Les livres inutiles, frivoles ou dangereux en sont écartés (212).
- Personne ne peut enlever, prêter, aliéner ou détruire les livres de la bibliothèque. Seul le provincial peut organiser des échanges entre bibliothèques, avec son Définitoire (213).
- Chaque maison, ainsi que la Curie généralice et les couvents des provinciaux, tient des Archives bien ordonnées (214).
- Ne pas publier de livres importants (Écriture, théologie, Règle) sans autorisation écrite du Ministre général. Pour les écrits mineurs, articles de journaux et revues, la permission du provincial suffit (215).
- Les écrits sont examinés par des personnes compétentes, avec l’autorisation de l’Ordinaire du lieu, voire du Saint-Siège. Les auteurs et éditeurs ne s’occupent pas de l’aspect financier des impressions sans permission spéciale (215).
Pour finir
- Honorer et vénérer les théologiens et ceux qui transmettent la parole de Dieu, comme le demande saint François dans son Testament (216).
Chapitre 10
Ce qui est demandé aux Supérieurs
- Se faire serviteurs de leurs frères et non des princes, en s’abaissant d’autant plus que leur responsabilité est lourde, et leur transmettre l’esprit et la vie par l’exemple et la parole (217).
- Visiter les frères. Le Ministre général visite toutes les Provinces et, autant que possible, toutes les maisons, ou au moins cherche à voir tous les frères. Les provinciaux visitent chaque année toutes les maisons et tous les frères de leur Province (218).
- Vérifier, lors des visites canoniques, que les ordonnances de la visite précédente ont été exécutées, punir les négligences et exhorter à observer l’Évangile, la Règle, les Constitutions et surtout la très haute pauvreté (219).
- Rendre des comptes. Après la visite, les provinciaux et les visiteurs généraux font un rapport exact au Ministre général. Les supérieurs locaux rendent compte au provincial dans les trois mois, et les provinciaux au Ministre général dans les six mois (220).
- Exhorter spirituellement leur communauté au moins une fois par mois, et faire donner aux frères laïcs et aux domestiques une instruction sur la doctrine chrétienne au moins deux fois par mois (221).
- Tenir le Chapitre des coulpes les lundi, mercredi et vendredi dans toutes les maisons, sauf les jours de solennité ou de fête double de première ou seconde classe, et n’en dispenser que rarement. Ils l’animent avec prudence, courtoisie et charité (222).
- Corriger avec miséricorde, en ramenant les égarés par des mesures paternelles, comme saint François le demandait (223).
- Ne pas laisser les fautes impunies. Ils infligent les peines paternelles ou canoniques méritées, en mêlant justice et miséricorde, car le but est l’amendement du coupable (224).
- Respecter les compétences. Les peines paternelles peuvent être infligées par le supérieur local (225). Les peines canoniques sont réservées aux supérieurs majeurs, selon le droit (226).
- Aller jusqu’au renvoi de l’Ordre en dernier recours, si un frère méprise tous les moyens d’amendement ou commet une faute qui l’entraîne, en suivant les règles canoniques (227).
- Ne pas abuser du précepte d’obéissance sous peine de faute grave sans nécessité (228).
- Respecter le courrier des frères : ne l’ouvrir que pour une cause raisonnable ou une nécessité urgente, et ne jamais intercepter, ouvrir ou retarder les lettres que les frères peuvent envoyer librement à certaines autorités (232).
Ce qui est demandé aux frères
- Obéir avec humilité à leurs Supérieurs en tout ce qui n’offense pas Dieu, et les respecter comme représentants de saint François, ou plutôt du Christ (229).
- Recevoir réprimandes et corrections à genoux et avec patience, sans réponse orgueilleuse ni observation, surtout en chapitre et au réfectoire, sans permission. Celui qui y contrevient mange pain et eau à genoux devant les frères (229).
- Travailler à se corriger de leurs défauts, vaincre leurs mauvaises inclinations par de bonnes habitudes et progresser dans la perfection, pour la gloire de Dieu et l’édification du prochain (229).
- Ne pas faire appel à des personnes extérieures à l’Ordre contre les décisions des Supérieurs, ni pour obtenir une faveur. Un recours reste possible, mais dans l’ordre hiérarchique : du gardien au provincial, puis au Ministre général, puis au Saint-Siège. Le non-respect est puni gravement, jusqu’à la privation de voix active et passive et l’inhabilité perpétuelle aux offices (230).
- Ne pas divulguer les secrets de l’Ordre, sous peine de privation de voix active et passive pendant un an (231).
- Limiter le courrier. Il est interdit d’écrire sans cause raisonnable et d’envoyer ou recevoir des lettres sans passer par son Supérieur (232).
- Remettre le courrier ouvert : les étudiants pendant leurs études, et les laïcs pendant les six ans suivant leur première profession, donnent leurs lettres ouvertes et reçoivent les leurs ouvertes (232).
- Ne pas toucher au courrier des Supérieurs. Celui qui intercepte, ouvre ou retarde leurs lettres perd voix active et passive pendant deux ans et ne sort pas du couvent pendant trois mois (232).
- Écrire librement, sans contrôle, au Saint-Siège et à son Nonce, au Cardinal Protecteur, à leurs Supérieurs majeurs et au supérieur du couvent s’il est absent. C’est un droit plus qu’une obligation (232).
- Se concentrer sur l’essentiel pour ceux qui ne sont pas tenus à l’étude : acquérir l’esprit du Seigneur, prier d’un cœur pur, être humbles et patients dans les persécutions et les infirmités (233).
- Se garder de certains défauts : orgueil, vaine gloire, envie, avarice, soucis du siècle, médisance et murmure, surtout contre les supérieurs ecclésiastiques, le clergé et les autres religieux. Ils doivent respecter chacun selon son état (233).
- Ménager la réputation des frères coupables, sans scandale ni horreur, mais avec compassion et charité (224).
Chapitre 11
Direction spirituelle de religieuses
- Ne pas accepter facilement la direction spirituelle de monastères ou de maisons de religieuses. (234)
- L’accepter seulement si les Ordinaires des lieux le demandent. (234)
- Pour les Supérieurs provinciaux : respecter fidèlement les prescriptions canoniques (can. 524 et 525). (234)
- Pour l’attribution de confesseurs, agir avec prudence, vigilance et discrétion, afin de ne pas nuire à l’observance régulière ni à l’esprit religieux. (234)
Visites aux monastères
- Ne pas aller dans un monastère ou une maison de religieuses vivant en communauté sans la permission expresse du Supérieur local. (235)
- Pour le Supérieur local : n’accorder cette permission qu’à des Frères d’une sagesse et d’une vertu éprouvées, et seulement pour une nécessité ou une grande charité. (235)
- Pour l’entrée dans la clôture des moniales : les confesseurs et tous les Frères doivent avoir présentes à l’esprit les lois de l’Église (can. 600 et 603) et le précepte de la Règle. (235)
Rapports avec les femmes
- Éviter tout commerce et tout entretien suspect avec les femmes. (236)
- Éviter les conversations inutiles et prolongées avec elles. (236)
- Quand il faut leur parler, le faire en un lieu ouvert où l’on peut être vu. (236)
- Répandre « la bonne odeur de Jésus-Christ » par la pureté, l’honnêteté et la discrétion de sa conduite. (236)
- Se rappeler les exemples cités : le Frère de la paille et du feu, saint Louis de Toulouse, saint Augustin, saint Bernard. (236)
Parloirs
- Les parloirs doivent respecter la pauvreté et l’urbanité, et ne causer ni scandale ni étonnement chez les séculiers. (237)
- Ne jamais utiliser comme parloirs les sacristies ou d’autres lieux consacrés au culte divin, directement ou indirectement. (237)
- Pour les Supérieurs locaux : veiller avec le plus grand soin à ce que les religieux n’aillent pas trop souvent au parloir, ni pendant les offices et cérémonies, ni à des heures tardives. (237)
Rapports avec tous les séculiers
- Garder des rapports rares et prudents, non seulement avec les femmes, mais avec tous les séculiers, car la trop grande familiarité et les conversations inutiles nuisent à l’avancement spirituel. (238)
Clôture papale
- Observer la clôture papale dans toutes les maisons canoniquement érigées, même si elles ne sont pas des « Maisons formées » (can. 597.1). (239)
- Ne jamais y introduire ni admettre de femmes, quels que soient leur âge, leur état ou leur condition, sous aucun prétexte (can. 598.1). (239)
- Les femmes comme ceux qui les introduiraient encourent les censures et autres peines du droit (can. 2342 n.2). (239)
Chapitre 12
Missions
- Un frère qui se sent appelé à prêcher chez les infidèles doit d’abord s’adresser au Ministre général, par l’intermédiaire de son Supérieur provincial. (240)
- Il ne doit pas présumer de son aptitude à une entreprise aussi difficile. Il s’en remet avec humilité au jugement des Supérieurs. (240)
- Les Supérieurs ne doivent pas retenir un frère sous prétexte que les frères sont peu nombreux. Ils s’en remettent à la Providence. (240)
- Les missions confiées à l’Ordre et leurs missionnaires dépendent du Ministre général, et immédiatement de la Sacrée Congrégation des Missions. (241)
- Les frères en mission, Supérieurs comme sujets, doivent observer fidèlement les lois ecclésiastiques et les ordonnances des Supérieurs de l’Ordre qui les concernent. (242)
Soumission au Saint-Siège et pureté de la foi
- Le Procureur général doit demander humblement au Pape un Cardinal comme Protecteur de l’Ordre, quand c’est nécessaire. Il porte pour cela une lettre signée du Ministre général et de son Définitoire. (243)
- Tous les frères doivent garder l’intégrité et la pureté de la foi telle que l’Église romaine la propose. Ils doivent la professer, la prêcher avec sincérité et être prêts à verser leur sang pour la défendre. (244)
- Ils doivent veiller à penser et à juger en tout comme la Sainte Église. (244)
- Supérieurs, lecteurs, prédicateurs, confesseurs et autres font la profession de foi dans la forme approuvée par le Saint-Siège, avant d’entrer en charge ou d’exercer leur office. (244)
- Les Supérieurs provinciaux et locaux surveillent attentivement les livres, publications, journaux et revues qui entrent dans les maisons. (245)
- Ils punissent sans respect humain les lectures mondaines et profanes. Ils interdisent les livres de doctrines suspectes ou dangereuses et les nouveautés malsaines. (245)
Esprit d’obéissance aux Constitutions
- Dans les cas non prévus, les frères gardent sous les yeux l’Évangile, la Règle, les coutumes louables de l’Ordre et l’exemple des saints. Ils orientent leurs pensées, paroles et actions vers la gloire de Dieu et la sanctification du prochain. (246)
- Les Supérieurs doivent être les premiers à observer les Constitutions. Ils doivent aussi y engager leurs sujets avec une sainte fermeté. (247)
- Les Supérieurs locaux font lire les Constitutions au réfectoire une fois tous les six mois. (247)
- Les Constitutions n’obligent pas sous peine de péché au-delà des préceptes de Dieu, de l’Église et de la Règle. Mais les transgresseurs doivent être sévèrement punis. (248)
- Les Supérieurs locaux négligents sont punis plus gravement par les provinciaux, et ceux-ci par le Ministre général. (248)
- Les Constitutions ne peuvent être changées sans le consentement du Chapitre général et la permission du Saint-Siège. On ne les change jamais sans grave nécessité, même en Chapitre général. (249)
- Il n’y a pas de Constitutions provinciales. Les cas particuliers sont réglés par le Chapitre ou le Définitoire général, sans toucher aux Constitutions, pour que tout l’Ordre vive avec une sainte uniformité. (249)
- Les frères doivent chercher la perfection indiquée par la Règle et l’Ordre, sans négligence et avec un amour sincère. (250)
- Ils ne doivent pas transgresser les Constitutions sous prétexte qu’elles n’obligent pas sous peine de péché. Ils doivent pénétrer l’esprit qui les a dictées et les garder inviolablement. (250)
- Ils s’efforcent de conserver à la Religion tout son lustre et de procurer au prochain les plus grands avantages spirituels. Ils cherchent aussi à plaire à leur maître au-delà de ce qui est commandé. (250)
Exhortation finale
- Les frères doivent méditer souvent la sentence de saint François : « Nous avons promis de grandes choses à Dieu, mais Dieu nous en a promis de plus grandes encore ». Ils doivent observer les Constitutions et tout ce qu’ils ont promis. (251)
- Ils ont les yeux fixés sur le Rédempteur. Ils évitent le mépris des Constitutions, qui serait un péché grave, et toute négligence à les observer. (252)
- Ils suivent et imitent le Christ avec joie et simplicité de cœur. Ils méprisent les choses visibles et temporelles et aspirent aux célestes. (253)
- Le Christ doit être l’unique objet de leurs pensées, de leurs réflexions et de leur imitation. (254)